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Le fer puddlé de la tour Eiffel a été produit dans les forges et aciéries Dupont et Fould de Pompey, en Lorraine.

Gustave Eiffel l'a choisi notamment en raison de ses propriétés mécaniques[11]. Le fer provient en partie des mines algériennes de Zaccar et Rouina[12],[13].

Gustave Eiffel a fait des calculs approximatifs pour faire une tour de 300 m de haut en maçonnerie.

D'ailleurs ses calculs ont montré qu'il faudrait un cube de maçonnerie de 70 000 m3, plus 38 000 m3 de fondation, ce qui est un peu trop quand même...

Du coup c'est le métal qui fut choisi.

Tout d'abord parce que c'était un matériau nouveau,  puisque l'industrie métallurgique en était à ses débuts.Ensuite il fallut faire un choix :

La fonte était intéressante mais si ce métal résiste bien à la compression, ce n'est pas le cas des autres contraintes, comme l'étirement.

L'acier aurait pu être choisi mais ce métal est trop rigide pour une structure qui nécessite autant de souplesse que de résistance. De plus à cette époque l'acier coûtait très cher à fabriquer.

Il restait le fer, dont les propriétés de résistance et de souplesse s'accordaient bien avec ce projet. Ayant l'habitude d'utiliser la fonte dans ses premiers projets de ponts métalliques, Gustave Eiffel s'est penché sur le "fer puddlé", qui est un matériau issu de la fonte. C'est lui qui sera utilisé pour la construction de la tour Eiffel.

Qu'est ce que le fer puddlé ?

Le puddlage consiste à traiter la fonte pour lui faire perdre une partie de son carbone, le rendant moins sujet à la corrosion.

Le mot 'Puddlage' est une françisation du verbe anglais 'to puddle', 'brasser'. Le processus de puddlage est mis au point par Henry Cort en 1784, puis significativement améliorée par Samuel Baldwin Rogers et Joseph Hall au XIXe siècle. Il disparaîtra au fil du temps face à l'arrivée des processus de traitement de l'acier, plus performant et moins cher.

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La technique consiste à faire chauffer la fonte à très haute température et à la mélanger aux scories de la façon la plus homogène possible, Le mélange est effectué par un puddleur, en charge de cette tache. Il a à sa disposition un crochet très allongé, le "ringard", pour faire le mélange. Quand il estime avoir suffisament traité la fonte il en ressort du fer en fusion, dit "fer puddlé".

Origine du fer

Gustave Eiffel, lorsqu'il décida définitivement de construire sa tour, s'est rapproché de Mr Prégre, le représentant parisien d'un fournisseur habituel de ses ateliers, les Forges et Usines de Pompey "Fould-Dupont", qui se trouvent en Lorraine.

Au pied de la tour Eiffel...

En 1871 Auguste Dupont, fondateur des acieries d'Ars-sur-Moselle, se voit contraint de déménager son usine pour éviter qu'elle ne passe sur le territoire prussien, suite à la perte de l'Alsace-Lorraine en 1870. Il choisit Pompey, c'est la raison de la présence de cette usine dans ce petit village viticole.

Lorsque Gustave Eiffel passe commande pour 8 000 tonnes de fer puddlé, ce dernier se tourne vers des fournisseurs de minerai. La qualité demandée par Eiffel est à récupérer en Algérie, dans les mines de Zaccar et de Rouïna, deux sites distincts.

Mines du Zaccar

Les mines du Zaccar sont en Algérie, à Miliana. C'est une ville au Nord de l'Algérie, proche de la mer et en plein Atlas.

Mines de Rouïna

Rouïna est une ville d'Algérie, assez proche de Miliana. Les montagnes qui se trouvent à proximité sont chargées d'un fer particulièrement pur. Durant l'occupation française la mine de Rouïna était équipée d'infrastructure sidérurgique de pointe, avec entre autre un haut-fourneau à moyene température. Le minerai qui en était extrait était broyé et acheminé dans ces fonderies d'Algérie ou de France. De nos jours le site est à l'abandon.

L'ASSEMBLAGE DES STRUCTURES EN FER

Grâce à la grande précision des schémas des ingénieurs de la société Eiffel il n'y eut pratiquement aucun problème à l'assemblage.

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 Pour assembler toutes ces pièces, les ouvriers de la tour utilisaient (et utilisent encore aujourd'hui lors de réparation) le rivet. Le système consiste à porter à chaud un rivet puis l'insérer entre deux poutres devant être assemblées. Lorsque la pièce se refroidit, son volume et les deux poutres sont donc rapprochées et assemblées. Sur la Tour environ 2 500 000 rivets ont été posés.

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