CONSEILS POUR ACHETER UN COSMETHIQUE

Ensorcelé par une odeur, une texture ou un beau flacon, on en oublierait presque que des substances toxiques peuvent se trouver dans nos cosmétiques. Pourtant, deux études révèlent que plusieurs molécules préoccupantes sont présentes dans nos shampoings, nos crèmes, nos lingettes...

 

L'association de consommateurs UFC-Que choisir a constitué une liste de 185 produits cosmétiques contenant des molécules toxiques. L'ONG Women in Europe for a Common Future a, pour sa part, montré que de nombreux produits cosmétiques pour bébé étaient également concernés. De quoi s'inquiéter pour la santé des tout-petits mais aussi pour la nôtre. Quels sont ces produits jugés à risque ? Comment bien lire les étiquettes des produits qui envahissent nos salles de bains ?

On bannit le methylisothiazolinone !

 

Allergènes, irritants et perturbateurs endocriniens : voici l les produits cosmétiques courants . Parmi eux, le plus dangereux est le methylisothiazolinone, assure Annick Barbeaud, dermatologue et allergologue au CHU de Nancy.

Ce conservateur utilisé pour remplacer le paraben « entraîne des réactions allergiques très importantes », poursuit la dermatologue. L'étude dévoile qu'on en retrouve dans 55 produits allant des crèmes pour le visage aux laits corporels en passant par les lingettes pour bébé, les shampoings et les maquillages pour enfant.

On glisse la liste des 12 substances dangereuses dans son sac

Les noms de ces substances sont indigestes, mais on ne se décourage pas quand on fait ses courses. Pour les repérer, on peut se référer à la liste proposée par l'UFC-Que choisir : « C'est une carte repère où on a regroupé les 12 produits les plus dangereux. On conseille de la découper pour l'avoir sur soi lors de l'achat de cosmétiques. »

Elle est « très complète », estime Annick Barbeaud et on peut la retrouver sur le site www.quechoisir.org. « La première consigne, c'est de bien vérifier les différents ingrédients des produits sur la boîte et pas directement sur les tubes et flacons car il n'y a pas toujours tout dessus », ajoute la dermatologue.

 

1. BHA et BHT

 

Se retrouvent dans les produits hydratants, et sont suspectés d'interférer avec les fonctions hormonales et d'être cancérigène (BHA). Nocifs pour les poissons et la faune.

 

2. Les colorants dérivés du goudron de houille

 

Soyez à l'affût du P-PHENYLENEDIAMINE et des colorants identifiés par « CI » suivi de cinq chiffres. La p-phénylènediamine est utilisée dans certaines teintures pour cheveux. Ils pourraient être cancérigènes et contenir des métaux lourds toxiques pour le cerveau.

 

3. Les ingrédients reliés au DEA

 

Soyez à l'affût du COCAMIDE DEA et LAURAMIDE DEA. Se retrouvent dans les cosmétiques tels que les produits hydratants et shampooings. Ils peuvent réagir avec d'autres substances et former des nitrosamines cancérigènes. Nocifs pour les poissons et la faune.

 

4. DIBUTYL PHTHALATE

 

Le phtalate de dibutyle est utilisé comme plastifiant dans les produits pour les ongles. Il est considéré comme toxique pour la reproduction et suspecté d'interférer avec la fonction hormonale. Nocif pour les poissons et la faune.

 

5. Les libérateurs de formaldéhyde

 

Soyez à l'affût du DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA, METHENAMINE et QUARTERNIUM-15. Ces agents de conservation sont utilisés dans une large gamme de produits cosmétiques. Ils libèrent de façon lente et continue de petites quantités de formaldéhyde, substance cancérigène.

 

6. Les parabènes

 

Soyez à l'affût des ingrédients se terminant par « PARABEN ». Ils sont largement utilisés comme agents de conservation. Ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens et pourraient interférer avec les fonctions reproductrices mâles.

 

7. PARFUM

 

Mixture de produits chimiques qui peuvent déclencher des allergies et de l'asthme, certains sont associés au cancer et à l'intoxication des neurones. Nocif pour les poissons et la faune.

 

8. Les PEG

 

Utilisé dans certaines bases de crèmes cosmétiques. Il peut contenir du 1,4-dioxane, potentiellement cancérigène. (par ex. le PEG-60).

 

9. Pétrolatum

 

Utilisé dans certains produits capillaires pour la brillance et en tant que barrière hydratante dans des baumes pour lèvres, rouges à lèvres et produits hydratants. Produit pétrochimique pouvant contenir des impuretés cancérigènes.

 

10. Les siloxanes

 

Soyez à l'affût des ingrédients se terminant par « SILOXANE » « CONE». Ils sont utilisés dans les produits cosmétiques pour assouplir, lisser et humidifier. Le cyclotetrasiloxane est considéré comme perturbateur endocrinien et substance potentiellement toxique pour la reproduction. Nocif pour les poissons et la faune.

 

11. SODIUM LAURETH SULFATE

 

Se retrouvent dans les produits moussants tels que les shampoings, nettoyants et produits pour le bain. Il peut contenir du 1,4-dioxane, potentiellement cancérigène.

 

12. Triclosan

 

Se retrouve dans les produits antibactériens tels que le dentifrice, le savon, les désinfectants pour les mains. Il est suspecté d'interférer avec la fonction hormonale et de contribuer à la bactérie qui résiste aux antibiotiques. Nocif pour les poissons et la faune.

On surveille aussi les grandes marques

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Attention : prix et marques ne sont pas gages de non-toxicité. « Il y a des gammes qui travaillent très bien à bas prix avec des ingrédients simples ; et, à l'inverse, on va trouver du methylisothiazolinone dans des produits de très grandes marques ».

On se méfie du marketing

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Trop souvent, on considère les parapharmacies comme un gage de sûreté ; or elles « n'ont pas de cahier des charges pour leurs produits. Ce n'est que de la stratégie marketing . Il n'y a pas d'exception, tous les produits doivent être passés en revue, même ceux qui se disent hypoallergéniques, une indication qui ne veut rien dire, selon la dermatologue.

En témoignent trois produits cités dans l'étude d'UFC-Que choisir qui, malgré cette mention, contiennent du methylisothiazolinone : « Le lait de toilette Mots d'enfants de Leclerc, la crème pour le change de Corinne Farme et les nettoyants féminins Physélia Intimate. »

On vérifie même le bio

« Les produits bio ont un cahier des charges contraignant. Globalement, ils sont moins chargés en produits nocifs mais ils sont plus chers et moins facilement disponibles », explique Olivier Andrault.

Mais attention, il faut vérifier que c'est du vrai bio : sans conservateurs ni produits chimiques, souligne la dermatologue. Certains cosmétiques labellisés bio n'en ont en fait que 10 % dans leur composition. Là encore, il faut savoir lire les étiquettes. Bio ou pas, « l'important, c'est la cosmétique raisonnée », conclut Annick Barbeaud.